• Carol'ann

Ma balance, cet amour que je déteste

Mis à jour : 6 déc. 2019

Hello december, noël, les fêtes et ses excès ...

Je ne sais pas pour vous mais mon pic de stress côté bouffe / sport n'est pas au début des grandes vacances mais en fin d'année.


C'est aussi mon mois d'anniversaire et cela représente beaucoup pour moi. C'est un moment que j'attend toute l'année, pour lequel je prépare mes tenues à l'avance, (en bon capricorne, je suis toujours dans l'excès de la planification, voir même un peu psychopate). J'ai aussi la croyance un peu désuète, que la façon dont on termine l'année est le mood global pour celle à venir.

En gros si je suis comme un sac à patate dans une soirée pourrie, l'année s'annonce compliquée.

Bref, en décembre je veux être au top, ce qui signifie pour moi : perdre du poids.


C'est le même cinéma chaque année depuis à peu près 10 ans, depuis ma première année d'étude en France. Avant mon départ, j'avais une relation très saine à la nourriture, mon poids et mes activités sportives étaient avant tout un plaisir et non un outil minceur.


Je carburais, planche à voile, fitness, musculation, bootcamp, vélo ... j'adorais le sport !

Côté nourriture, je n'ai jamais été une gourmande, en vérité je ne me souviens pas vraiment de la relation que j'entretenais avec la nourriture avant tant elle était simple.

Je grignotais de ci de là, j'aimais les gwo mangé de ma grand - mère comme les légumes vapeur de chez mon père. Le fast - food comme les soupes, la viande comme le poisson, je ne réfléchissais pas comme aujourd'hui.


Ma première année d'étude, j'ai pris 10kg en quelques mois à peine ! J'avais froid, il faisait moche, ma peau était sèche et mes cheveux se cassaient, ma famille me manquait et je me sentais seule, en gros, j'ai déprimé et j'ai mangé touuuuuuuuuuuuut ce que je n'avais pas l'habitude de manger en Martinique. Dominos mon ami, kebab mon ami, raclette mon ami ...


Quand je suis rentrée pour la première fois aux grandes vacances, c'est à ce moment que je me suis rendue compte de mes kilos en plus. Je n'étais plus à l'aise en maillot de bain, moi qui vivait exclusivement en bikini, a rôtir au soleil, j'étais devenue complexée et je fuyais les "plans plage" comme la peste. C'est également sans compter sur les remarques désobligeantes de ceux qui te voient revenir et qui se permettent de commenter :


" manman t'as pas vu de misère la bas ich mwen "


D'ailleurs petite parenthèse : c'est impoli et blessant ! Simplement pour citer notre headliner préféré Kalash : " Personne ne sait ce que t'as mais tout le monde te dit que t'as grossi, assé bat djel ou san sav"


Donc après deux mois de gêne absolu, en rentrant, j'ai demandé un coup de main à une amie qui terminait ses études de nutritionniste et j'ai pris le taureau par les cornes. J'ai perdu tout mes kilos superflus en 5 mois mais pas sans efforts, ni conséquences. J'allais au sport tous les jours et j'étais devenue obsédée par ce que je mangeais, refusant de lâcher prise en me laissant aller à quelques écarts lorsque j'étais invitée chez des amis par exemple.


Si après cette perte de poids, la plus grande que j'ai connu dans ma courte vie, je n'ai pas repris tout ces kilos, mon regard sur la nourriture a complètement changé. Je suis devenue critique, sur moi, mon corps, ce que je mange, sur ma capacité à perdre du poids ou à me tenir à une pratique régulière d'une activité physique.


Je suis passée par des périodes où je reprenais un peu de poids, comme mon année aux Etats unis ou quand la routine s'est un peu installée avec mon premier CDI. Mais quand je décidais qu'il me fallait retrouver la forme, je fonçais tête baissé dans un recadrage drastique de mon alimentation et par une pratique du sport acharnée. Oui oui, j'ai essayé le crossfit pendant quelques mois ... comme tout le monde je dirais ! J'ai perdu quelques kilos et j'ai arrêté du jour au lendemain.


Avec le recul et en prenant le temps d'écrire ce billet, je met les mots sur un comportement assez malsain. Je suis toujours dans l'excès avec mon corps, soit je vais me laisser complètement aller tout en culpabilisant de fou, soit je vais me restreindre jusqu'à voir apparaitre le chiffre magique sur ma balance.


Ma balance, elle est pour moi comme cette amie un peu méchante dans le fond mais que vous admirez malgré tout. Son verdict peut me faire passer la meilleure des journées comme la pire. Le chiffe qui va s'afficher le matin, nue, à jeun, après être passé aux toilettes, en ayant fait du sport la veille et manger léger, a une incidence folle sur mon humeur mais pire, sur ma confiance en moi...


Il y a des phases où je vais vouloir me peser tous les jours, guetter le moindre changement sur le tombé de mes vêtements et d'autres où je fais l'autruche en la poussant sous le meuble de la salle de bain.


Je vais avoir 27 ans cette année et mon corps à beaucoup changé depuis mes année d'étudiante, je suis repassée il y a quelques mois par la case nutritionniste. J'ai suivi un rééquilibrage avec cette même amie qui m'avait aidé à l'époque et qui entre temps est devenue une véritable pro, je vous laisse son contact juste ici.


Mais même en voyant mon poids descendre et mes mensurations s'affiner, je n'arrivais pas à lâcher prise et retrouver une certaine légèreté et naïveté dans ma façon de manger et appréhender ma silhouette.


Je n'ai pas encore compris d'où vient ce besoin absolu de contrôle sur mon corps, je ne peux pas dire qu'il s'agit de l'influence des médias, d'instagram ... Mais ici, tout les week - end, nous croisons à la plage de véritables avions de chasse et en un sens cette pression est pire car elle est réelle. C'est une petite ile, on se connait tous et depuis longtemps, on ne veut pas perdre la face.

Je reconnais, beaucoup d'égo dans cette bataille des kilos et un poil de jugement. Rien de très glamour, je vous l'accorde, mais c'est mon ressenti.


Je ne sais pas vraiment comment finir ce billet, je n'ai pas de morale à l'histoire ni de recette magique. Pour l'instant, je ne suis pas encore parvenue à un équilibre, ni à être plus douce avec moi même.


Je suis surtout assez curieuse de savoir si c'est un sentiment partagé par les filles de notre génération, car j'ai la sensation que c'est un sujet un peu tabou.

On en rigole entre nous, sur "on est trop des grosses" , nos astuces régime ou aller au sport ensemble mais on aborde pas vraiment cette vision de nous mêmes.


C'est aussi la même story de votre côté ?



Xoxo




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